Polémique

Vacations à 950 F : l’Education nationale légitime les montants dérisoires versés aux enseignants

Vacations à 950 F : l’Education nationale légitime les montants dérisoires versés aux enseignants
Vacations à 950 F : l’Education nationale légitime les montants dérisoires versés aux enseignants © 2026 D.R./Info241

En pleine grève des enseignants, le ministère gabonais de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique se retrouve contraint de réagir face à la circulation, sur les réseaux sociaux, de bons de caisse d’enseignants affichant des montants jugés dérisoires — parfois autour de 950 FCFA. Une séquence explosive, tant la question du paiement des vacations figure parmi les revendications qui paralysent la reprise des cours.

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Dans un communiqué de clarification signé à Libreville ce 9 janvier par son secrétaire général, Christian Louembet-Onguet, le ministère recadre : les paiements engagés depuis ce mercredi 7 janvier ne constituent pas un règlement intégral, mais une avance de 50 % sur les sommes dues au titre des vacations des examens de la session 2024-2025, notamment pour le baccalauréat général, technique et professionnel.

 Des barèmes brandis pour justifier les petits montants

Ce réajustement intervient après une première communication officielle présentant le paiement comme « effectif » et « progressif », formulation qui, sur le terrain, a été comprise comme le début d’un apurement clair des arriérés. Le ministère admet désormais que la tranche versée cette semaine ne représente que la moitié des droits à percevoir, promettant que la suite interviendra selon les procédures en cours.

Pour répondre au procès en « montants ridicules », le communiqué renvoie aux textes encadrant les vacations et insiste sur un principe : les enseignants sont payés en fonction des actes réellement effectués , chaque activité donnant lieu à un document de paiement distinct.

Le ministère détaille ainsi les taux appliqués au jury de correction : harmonisation (1 800 FCFA par séance), correction des copies (1 700 FCFA par copie) et délibération (5 000 FCFA par séance). En clair, un bon de caisse très faible peut correspondre — selon l’administration — à une seule ligne de vacation (ou à une avance partielle), et non à la totalité des droits d’un enseignant mobilisé sur plusieurs tâches.

 Une opération de communication sous contrainte sociale

Reste que cette explication arrive après coup, dans un contexte où la défiance est déjà installée. En pleine tension sociale, annoncer un paiement puis préciser qu’il ne s’agit que d’une avance à 50 % alimente l’idée d’une gestion hésitante du dossier, et offre un carburant supplémentaire au bras de fer avec les syndicats.

Dans sa note, le ministère appelle à « l’apaisement », à la « responsabilité » et à la « retenue ». Mais sur le terrain, l’enjeu dépasse la sémantique : les enseignants attendent surtout un calendrier lisible pour le solde, et des montants qui, cette fois, correspondent pleinement aux prestations réalisées.

@info241.com
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